Orientations pour l'aménagement

 

Une politique globale Favoriser le vélo

 

Une politique globale

De façon générale, tout programme d'aménagement au niveau de la région, quels que soient sa dimension et son calendrier de mise en œuvre, doit prendre en compte la qualité de l'air.

Une politique en faveur des transports collectifs, pour être influente sur la circulation générale, source de pollution, doit être intégrée à une politique plus globale d'aménagement et d'urbanisme.

Ces évidences doivent être réaffirmées au delà de la seule agglomération toulousaine. Une politique globale de déplacements intégrant au mieux les transports collectifs peut donc se décliner en recommandations d'urbanisme et d'aménagement du territoire puisque le transport crée l'urbanisme et vice-versa.

L'augmentation du trafic routier peut-être limitée par trois séries d'actions :

Agir sur la spirale de l'offre et de la demande routières :

en n'accroissant pas les possibilités globales de trafic automobile. La création de rocades ou de pénétrantes, en réponse à la demande accrue de déplacements liée à l'étalement urbain, doit s'accompagner de mesures complémentaires d'urbanisme. Celles ci doivent éviter les effets pervers induits par la dispersion de l'habitat, la longueur accrue des déplacements ainsi que l'obligation associée d'usage de la voiture ;

en dissuadant l'usage de la voiture par la diminution de l'offre de stationnement en ville et l'augmentation simultanée de l'offre de transports en commun; les normes de stationnement  dans les P.O.S. peuvent être révisées en accordant moins de place de stationnement par m2 construit ; le contrôle et la sanction du stationnement illicite doivent être renforcés ;

en favorisant, pour faciliter la relation domicile - travail, les liaisons transversales de transport en commun aujourd'hui insuffisantes, et en développant à cet effet des modes de transport adaptés aux zones peu denses.

Faire des choix urbains moins consommateurs d'espace et moins générateurs de déplacement.

Les projets d'aménagement doivent intégrer la nécessité :

de diminuer le nombre et la longueur des déplacements en rapprochant les lieux d'emploi et les lieux d'habitat et en privilégiant les actions qui visent à

rapprocher les services des habitants plutôt qu'à encourager les déplacements motorisés ;

d'articuler la localisation des zones d'activité et d'habitat autour des infrastructures de transport ;

de privilégier les formes urbaines plus compactes en augmentant la densité autour des endroits très accessibles par les transports publics.

Requalifier la ville et ses espaces publics :

En outre, il convient de :

profiter des opérations de rénovation urbaine pour :

 mettre à niveau les entreprises polluantes,
 adopter des plans de circulation réduisant les nuisances : bruit,pollution, mais surtout occupation du domaine public par la voiture roulante ou stationnante,
 créer des espaces verts pour les activités sportives et récréatives,

réserver l'emprise nécessaire à une circulation fluide des transports collectifs, chaque fois que les besoins existent, que la voirie soit existante ou à créer ;

partager la voirie quantitativement et qualitativement en faveur des modes de déplacement moins agressifs pour l'environnement (marche à pied, bicyclette). Il s'agit en particulier d'assurer aux cyclistes et piétons, comme pour les voitures, la continuité des itinéraires cyclables et pédestres et la sécurité ;

apporter un soin particulier aux aménagements urbains liés aux circulations douces : accessibilité, sécurité, travail sur l'éclairage, le paysage, etc.

De la qualité de ces aménagements dépend très souvent la motivation du public pour emprunter ces transports alternatifs.

Favoriser le vélo

Les actions en faveur des deux roues méritent dans ce panel de recommandations une attention particulière, ne serait ce que par l'injonction de l'article 20 de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie qui stipule que "à compter du 1er janvier 1998, à l'occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l'exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d'aménagement..."

Des recommandations aux maîtres d'ouvrage

Dans tout projet d'aménagement, les maîtres d'ouvrages doivent veiller à :

inscrire systématiquement les projets locaux en faveur des deux roues dans des schémas d'itinéraires conçus à partir d'une étude préalable d'ensemble : schémas départementaux, de district, communaux, etc... Et ce, dans le but de garantir aux usagers continuité, confort, sécurité, mais aussi de crédibiliser et de rendre attractif le dispositif. Cela suppose la recherche d'un minimum de cohérence entre les divers promoteurs des actions en faveur des deux roues ;

assurer aux cyclistes la possibilité de stationner dans de bonnes conditions, en particulier quant à la sécurité contre le vol ;

saisir les moments favorables pour entamer les processus et schémas : la révision des documents d'urbanisme, schémas directeurs mais aussi P.O.S., et officialiser ainsi la démarche en faveur des deux roues, au delà du seul P.D.U. de l'agglomération toulousaine.

Des recommandations aux aménageurs

Les aménageurs doivent :

assurer une continuité dans les tracés sur la base d'un réseau cyclable vert ;

assurer la gradation dans la mise en oeuvre des équipements selon les sites : pistes en site propre, bandes cyclables, appel aux usages associés (ex : couloir vélo/bus) ;

observer en tout projet des caractéristiques géométriques minimales.Pour l'ensemble de la politique en faveur du vélo, il sera utilement fait référence aux ouvrages, instructions et fiches techniques disponibles ou en cours de réalisation dans le réseau Equipement.

Des indicateurs d'évolution

En conséquence de ce qui a été dit précédemment, l'augmentation du linéaire consacré aux vélos ne constituera pas forcément l'indicateur le plus pertinent de l'évolution favorable aux deux roues. L'accroissement des plans de déplacement spécifique sera révélateur de la prise de conscience des autorités publiques. On retiendra donc :

le nombre de schémas départementaux, intercommunaux et communaux pour les agglomérations de plus de 5000 habitants adoptés et mis en annexe aux P.O.S ;

le linéaire d'aménagement en faveur des vélos mis en œuvre dans le cadre de ces schémas de déplacement “arrêtés”.

Ces indicateurs pourraient faire l'objet d'une mise à jour annuelle. Il pourrait être demandé aux associations d'usagers du vélo les plus représentatives et les mieux structurées dans chaque département de Midi-Pyrénées d'effectuer le recensement initial et la mise à jour.